On entend souvent parler de la quête de sens au travail. Mais de quoi est-il question ? A quoi donner du sens ? A qui ? Et surtout comment ? Faisons le point avec Héloïse Arnold, responsable de la communication et des communautés chez Vendredi, une plateforme d'engagement citoyen.

Engagement des collaborateurs : quand le rapport au travail change la donne

Ce n’est pas une nouveauté : la transformation digitale qui s’opère sous nos yeux entraîne des changements majeurs au sein de l’entreprise. Elle impacte les métiers, les compétences, le management, les modes d’organisation mais aussi – et surtout – le rapport qu’entretiennent les collaborateurs au travail.

Avec une frontière entre vie professionnelle et vie personnelle toujours plus poreuse, notamment du fait d’une hyperconnectivité, les collaborateurs aspirent à davantage d’autonomie et de flexibilité, mais également de sens. Selon les auteures de « L’impact de la digitalisation des organisations sur le rapport au travail : entre aliénation et émancipation », le rapport au travail comprend trois dimensions :

  • la dimension instrumentale qui « se réfère au travail comme source de revenus et de richesses extérieures et quantifiables » ;
  • la dimension sociale alias « les sociabilités, les relations humaines dans le travail, l’ambiance, les possibilités de coopération, d’innovation et surtout les formes de reconnaissance sociale » ;
  • la dimension symbolique qui renvoie « à l’univers de significations positives ou négatives attribuées au travail par les individus dans la construction des identités sociales ».

Lire aussi : Le parcours collaborateur est mort ! Vive le parcours collaborateur !

Or, toutes les entreprises ne sont pas nécessairement en mesure de satisfaire pleinement leurs effectifs sur ces trois aspects, impactant de facto leur capacité d’attraction et de rétention des collaborateurs, mais aussi leur performance. En pleine guerre des talents, la quête de sens au travail reste donc un défi de taille pour les professionnels RH. Et elle doit être prise au sérieux.

« Les professionnels RH souhaitent réellement accompagner les salariés vers un mieux-être et davantage de motivation, mais s’ils n’interrogent pas au préalable ce que signifie donner du sens au travail, ils ratent une grande partie de ce qui pourrait être mis en œuvre. À quoi faut-il donner du sens ? À qui doivent-ils en donner ? », déclare Nelly Margotton, spécialiste dans l’accompagnement des transitions individuelles et collectives grâce à l’éclairage philosophique, dans une interview accordée en 2019 à Carha.

Des mots qui résonnent avec encore davantage de force aujourd’hui. En effet, si des collaborateurs avaient déjà perdu de vue l’utilité de leurs actions avant la pandémie, la crise a renforcé leur sentiment, rappelant qu’il y avait des métiers estimés plus essentiels au service de la nation que d’autres.

L'engagement citoyen, levier de la quête de sens au travail

« Avec le contexte actuel, les collaborateurs ont plus que jamais envie d’être utiles », explique Héloïse Arnold, responsable de la communication et des communautés au sein de Vendredi, une plateforme numérique spécialisée dans l’engagement citoyen. Pour preuve, pendant le confinement, pas moins de 200 organisations, soit environ 8 000 collaborateurs, ont rejoint la plateforme pour prendre part à des missions servant l’intérêt général à l’occasion de l’opération « Tous confinés, tous engagés ».

Lire aussi : Le défi de l’engagement : les leçons à tirer de la crise

Si Vendredi a assisté à un pic de son activité pendant la crise, l’essor de la start-up remonte pourtant à bien plus longtemps. En effet, rien qu’en l’espace d’un an, l’organisation a doublé ses effectifs, passant de 12 à 25 collaborateurs, et ce, sans levée de fond pour accompagner son développement précise notre interlocutrice. Un détail qui a son importance puisqu’il témoigne à lui seul de l’intérêt à la fois naissant et croissant des entreprises pour l’engagement citoyen, entendu comme un levier de l’engagement de leurs collaborateurs. Et pour cause, derrière les missions d’intérêt général, « il y a des enjeux RH : marque employeur, formation, compétences…, mais aussi RSE (responsabilité sociale des entreprises) », souligne Héloïse Arnold.

📖 Voir Glossaire : Engagement des collaborateurs

Avec Vendredi, tous les collaborateurs d’une entreprise partenaire peuvent s’engager sur leur temps de travail, généralement de un à cinq jours par an. « Cela leur permet de découvrir un nouveau milieu, d’autres modes d’organisation et de développer de nouvelles compétences ». La plateforme propose aussi un programme de stage partagé dédié aux stagiaires en entreprise. Le stagiaire est une fois par semaine en association sur une durée pouvant aller de 4 à 6 mois. Il existe également le mécénat de compétences qui permet à « des collaborateurs en fin de carrière par exemple de réaliser une transition douce vers la retraite en découvrant l'univers associatif au rythme qui leur convient, de quelques jours par an à un temps plein. » Et les résultats sont au rendez-vous : le taux de satisfaction moyen atteint 4,5/5.

Côté entreprise, les avantages sont multiples : « Il y a la défiscalisation des salaires à hauteur de 60 %, même s’il faut tout de même préciser que la première motivation est humaine avant d’être financière. Les entreprises ne se lancent pas dans le mécénat de compétences pour faire du profit. Il faut comprendre que si les collaborateurs ont envie de s’engager pour l’environnement et les questions sociales [94 % le souhaitent, mais seul un quart se lance réellement], les entreprises aussi. »


L'urgente nécessité de repenser les modèles d'organisation 

La fonction RH a véritablement tout intérêt à prendre à bras le corps la question de la quête de sens au travail. D’après la 8e édition de l’étude Deloitte Millennials Survey, les collaborateurs issus des générations Y et Z aspirent à une entreprise plus sociétale, c’est-à-dire à la fois responsable, exemplaire et citoyenne. Or 83 % de la Gen Y et 75 % de la Gen Z sont convaincus que les entreprises « privilégient leurs objectifs plutôt que de prendre en compte l’ensemble de la société ». Il convient de rappeler qu’en 2025, les Millennials représenteront 75 % de la force de travail ! Et plus largement, 86 % des collaborateurs disent préférer travailler dans une entreprise ayant un impact positif dans le monde.

L’étude Deloitte souligne que pour répondre aux attentes des nouvelles générations de collaborateurs, les entreprises doivent :

  • maximiser leur impact sociétal ;
  • interagir avec leur écosystème ;
  • construire un environnement de travail positif.

« L’entreprise sociétale a pour mission de proposer à ses collaborateurs un environnement positif au sein duquel ces derniers peuvent exprimer leurs individualités et leurs talents tout en contribuant à un projet collectif porté par des valeurs communes », peut-on lire dans cette étude. Les entreprises sont appelées à faire évoluer leur modèle d’organisation pour s’appuyer sur des équipes multidisciplinaires organisées par mission privilégiant des approches expérimentales en itération avec leurs parties prenantes. Elles sont aussi appelées à favoriser un espace de travail convivial orienté vers le bien-être physique et psychique. »


Nul doute, dans un environnement changeant, l’inconnu devient la norme. Légitimement, les collaborateurs se posent des questions sur leur devenir, mais aussi sur le sens de leurs actions, et plus particulièrement au travail. L’entreprise doit réaffirmer ses valeurs ou le cas échéant repenser sa raison d’être, non pas pour coller faussement aux aspirations des collaborateurs et candidats, mais bien pour s’assurer d’une vision partagée.
« Ce que la marque employeur fait à l’intérieur, se voit à l’extérieur », martèle Thomas Chardin, dirigeant-fondateur de Parlons RH. La fonction RH se doit donc de porter une attention particulière à la communication RH, avec un alignement des messages, qu’ils soient dirigés vers l’interne comme vers l’externe. C’est en ayant une marque employeur cohérente, que l’entreprise se donnera les moyens d’agir concrètement sur le développement de l’engagement et la fierté d’appartenance ou encore la fidélisation des talents.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur l'expérience collaborateur ? Comment les acteurs RH la perçoivent ? Quelles sont les actions initiées et déployées en la matière ? Téléchargez le 3e Baromètre de l'expérience collaborateur. 

Je découvre le baromètre

bg-img-form3.png

Abonnez-vous à notre newsletter

Tous les jeudis, recevez directement dans votre boîte mail nos derniers articles !

bg-img19.jpg
Capture d’écran 2019-02-26 à 17.18.00
Téléchargez NOTRE EBOOK - LA DIGTIALISATION RH EN 2019

Avec ce document, vous saurez :

  • comment assurer la continuité de l'offre de services face aux évolutions réglementaires (RGPD, PAS, Loi Travail)

  • la gestion des données RH - retour d'expérience de l'équipe RH d'Atos

  • comment font les équipes RH pour améliorer l'expérience collaborateur ;

  • des télétravailleurs aux freelancers, comment assurer la transformation de la relation salarié !

The Digital Road : 3ème édition

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

mooc-formation-ligne-ressources-humaines
demo_peopledoc.gif