L’ANDRH (Association Nationale des DRH) a dévoilé le 19 octobre les résultats de sa nouvelle enquête « Agenda social : les (D)RH ont la parole ! ». Dans un contexte de reprise économique, de guerre des talents et de gestion du retour sur site, les professionnels RH font face à la complexité. Ils tentent de conduire le changement dans un souci de résilience organisationnelle et d'attirer les meilleurs talents. Or, 80 % des répondants sont confrontés à une pénurie de main d’œuvre sur certains postes.

Résilience organisationnelle : les DRH visent l'équilibre

📖 Voir Glossaire : Rétention des talents

En cette rentrée, la guerre des talents est loin d’être un mythe. Une nouvelle enquête de l’ANDRH le confirme. En effet, la pénurie de main d’œuvre préoccupe les professionnels RH. 80 % des répondants sont concernés par le phénomène – voire très concernés pour ceux évoluant dans les secteurs du bâtiment, de la santé, de la restauration ou encore de l’industrie.

La question de l’attraction des talents s’impose avec force. 47 % des professionnels RH ayant répondu à l’enquête menée entre le 22 septembre et le 13 octobre, indiquent qu’ils comptent augmenter les effectifs de leurs organisations dans les mois à venir. La thématique autour de la rétention des talents n’est pas loin non plus, 37 % des DRH visant la stabilité de la masse salariale.

Entre la nécessité de répondre aux (nouvelles) attentes des collaborateurs et l’impératif d’une résilience organisationnelle, les DRH jouent les funambules à l’heure de la reprise économique. Les mots de Bruno Mettling, ancien DRH du groupe Orange et auteur du rapport « Transformation numérique et vie au travail », résonnent. En septembre 2020, il déclarait que « les DRH ne doivent jamais oublier qu’ils sont les garants de la transformation en profondeur de l’entreprise et de cet équilibre […] entre l’économie et l’humain ». Ils doivent « démontrer leur capacité à répondre à [l’]urgence en accompagnant la transformation de l’entreprise et en imposant une vision de moyen et de long terme ».

Sans conteste, ils sont bel et bien au rendez-vous. Dans un contexte où les débats autour du pouvoir d’achat et des bas salaires font rage, 46 % des professionnels RH envisagent de faire évoluer leur politique de rémunération, notamment pour attirer les talents. Ils étaient 38 % à considérer cette éventualité en février dernier. Notons le caractère des pistes explorées : la mise en place de primes sur objectifs et critères de performance ainsi que des accords d’intéressement, en somme une part variable. Les augmentations du salaire fixe concerneraient en priorité les métiers pénuriques ainsi que les bas revenus.

L’ANDRH rappelle cependant que faute de trésorerie au sortir de la crise, nombre d’entreprises ne seront pas en mesure de refondre leur politique de rétribution et de rémunération. L’association retient surtout la volonté sans faille des directions RH de maintenir les collaborateurs dans l’emploi  – une constante depuis le début de la crise sanitaire.

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Le télétravail, je t'aime moi non plus

Depuis un an et demi, il a aussi été beaucoup question de la flexibilisation du lieu de travail. Par nécessité pour poursuivre les activités. Puis, parce que ce mode d’organisation s’est révélé plébiscité par les collaborateurs. Or, l’ANDRH tient à souligner que « plus de 50 % des personnes ne peuvent télétravailler puisqu’elles n’ont pas des métiers qui le permettent. Aujourd’hui, lorsqu’on parle de la mise en œuvre de télétravail, on parle de la nouvelle normalité : le modèle hybride ».

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Et la route est semée d’embûches. Si 51 % des répondants affirment que leur organisation est couverte par un accord télétravail (4 000 accords télétravail ont été signés depuis janvier 2020). 15 % d’entre eux rencontrent des difficultés à sa mise en œuvre, en raison de collaborateurs refusant de revenir sur site, d’autres souhaitant plus de jours en télétravail que ne le prévoit l’accord ou encore en raison d’une contestation de l’indemnité financière.

Les DRH doivent convaincre de l’urgence d’instaurer un équilibre entre distanciel et présentiel. Selon l’ANDRH, il s’agit d’une condition sine qua non pour recréer du collectif et lutter contre les risques psychosociaux (RPS).

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L’ANDRH interpelle le législateur. Si les dirigeants prennent leurs responsabilités face aux défis de cette rentrée, le gouvernement est appelé à soutenir les efforts des entreprises que ce soit par le biais d’aménagements fiscaux par exemple pour favoriser le pouvoir d’achat, d’une nouvelle réforme de la formation professionnelle (74 % des répondants la jugent nécessaire afin de simplifier le dispositif en place) ou encore en apportant des précisions à la Loi Santé au travail du 2 août 2021.

Pour autant, l'optimisme est de mise : le climat social est jugé « plutôt bon » voire « bon » par les répondants qui majoritairement parlent d’un dialogue « constructif » et « apaisé ». « La reprise se fera main dans la main avec les partenaires sociaux », insiste Audrey Richard, présidente de l’ANDRH.

Le retour au bureau : un enjeu qui s'inscrit sur la durée. Découvrez les témoignages de professionnels RH et les analyses d'experts dans cette série de vidéos.

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