Tous secteurs confondus, 170 000 à 300 000 offres d’emploi sont toujours non pourvues en France, quand 80 % des entreprises rencontrent des difficultés de recrutement. Selon les employeurs (baromètre Besoin en Main d’Œuvre - BMO - 2021 de Pôle Emploi), cela s’explique principalement par :

  • la pénurie de candidats : rareté des compétences, faible attractivité de l’entreprise et/ou du secteur... (77 %)
  • Les profils inadéquats des candidats : manque d’expérience, de diplôme, absence de permis... (75,2 %)
  • La nature du poste proposé : horaires de travail, conditions générales d'exercice... (32,1 %)

Les procédures internes de recrutement (trop de démarches, un décideur différent du recruteur...) sont peu remises en question et arrivent en bas de tableau (13,8 % contre 32,6 % en 2015). Il est fort probable que ce chiffre remonte dans le classement lors de la prochaine édition du BMO. Et pour cause, le contexte actuel nous rappelle ô combien l’amélioration de l’expérience candidat demeure un processus primordial à plus d'un titre. Enquête.

L’expérience candidat réussie en 3 mots : simplicité, rapidité et efficacité

📖 Voir Glossaire : Expérience candidat

Pendant les premiers mois de la crise sanitaire, à une période où les entreprises, à l’instar des collaborateurs, manquaient de visibilité sur leurs lendemains, la tendance n’était pas au recrutement. L’embauche des cadres par exemple a chuté de 40 % en 2020, d’après l’Apec. Les résultats du baromètre 2021 de l'expérience collaborateur de Parlons RH, réalisé à l’aune de la crise, témoignent aussi de la prise de recul : “[…] dans le tableau des activités RH prioritairement concernées par le sujet ‘expérience collaborateur’ […] le recrutement descend du podium et dégringole à la 6e place (-13 points).”

Aujourd’hui, la tension sur le marché du travail est de nouveau très forte. Il est impensable de relayer au second plan le recrutement et donc l’expérience candidat. Proposer un processus simple, rapide et efficace est un enjeu central pour les entreprises.

Qu’elles proposent des contrats courts ou longs, nombre d’entre elles cherchent à réduire les délais lors du processus de recrutement. C’est bénéfique aussi bien pour l’expérience candidat que pour l’expérience des collaborateurs RH.

Chez Derichebourg Multiservices, lorsqu’un candidat postule, il peut déposer ses documents et informations dans un espace Cloud. S’il est retenu, ses données sont alors utilisées pour la création automatique de son contrat de travail, qui est envoyé et signé de manière électronique. “9 contrats sur 10 sont signés dans la journée qui suit l’édition du contrat”, déclare Romain-Xavier Lavaud, responsable Projets et Marketing RH chez Derichebourg Multiservices.

Du côté d'ENGIE Solutions, “entre l’établissement du contrat de travail et la réception de celui-ci signé, il pouvait se passer dix jours. Il ne s’agissait pas de temps de travail effectif, mais bien de la durée sur laquelle pouvait se dérouler le processus. Aujourd’hui, il faut environ deux heures de temps cumulées”, précise Florence Biltz, responsable des Systèmes d’information et digital RH.

Ajoutons que dans le contexte de la Guerre des talents, gagner du temps grâce à des processus optimisés permet aussi dans une certaine mesure de sécuriser l’embauche d’un nouveau salarié.

Lire aussi : Expérience candidat : définition et enjeux

Soigner l’expérience candidat : les chiffres clés

Deux personnes sur trois ont déjà quitté de leur propre initiative un recrutement en cours en raison d’un mauvais parcours de candidature (74 % chez les 18-34 ans), d’après le Baromètre et tendances 2021 de l’expérience candidat (Yaggo/Caask). Pour améliorer le processus de recrutement, il semble essentiel de jouer la carte de la simplicité et de la rapidité. Les candidats l’appellent de leurs vœux. 50 % d'entre eux n’acceptent pas de passer plus de 10 minutes sur un site d’emploi pour postuler à une offre. La gamification (27 %), la candidature vidéo (22 %) ou encore la lettre de motivation (21 %) apparaissent comme les trois principaux freins à la candidature.

Négliger l’expérience candidat n’est pas sans conséquence. 40 % des interrogés l’affirment : ils peuvent partager leur mauvaise expérience auprès de leurs proches, quand un candidat sur quatre est prêt à s'épancher sur Internet. 34 % disent qu’ils pourraient boycotter les produits et services de l'entreprise concernée.

Parallèlement, un candidat sur trois déclare qu’il serait amené à repostuler au sein d’une entreprise après une réponse négative... si celle-ci est personnalisée. A bon entendeur...

 

Great Resignation : améliorer l’expérience collaborateur, un impératif

Face à l’attraction des talents, se pose inévitablement la question de la rétention des collaborateurs. Le phénomène de la Great Resignation (La Grande Démission en français) nous y oblige. Et à raison. Avec 4,5 millions d’Américains qui ont démissionné en novembre (déjà 4,3 millions en août), les commentateurs s’interrogent aussi bien sur les causes que les moyens à mettre en œuvre pour endiguer le mouvement.

D’après les médias outre-Atlantique, une partie des démissions aurait inévitablement eu lieu et ont été reportés du fait de la crise sanitaire. En effet, les candidats au départ ont attendu de gagner en visibilité avant de se lancer. A cela s’ajoutent les collaborateurs ayant choisi, durant cette période inédite, de changer de vie, et parfois de manière radicale en déménageant à l’autre bout du pays ou en embrassant une nouvelle carrière (nouveau métier et/ou nouveau secteur d’activité...). Sont également compris les collaborateurs qui ne trouvaient plus de sens dans leur travail. Enfin, de nombreux collaborateurs évoquent la nécessité de prendre soin de leur santé mentale pour motiver leur départ.

De l’autre côté de l'Atlantique, l'observation du phénomène reste de rigueur. L'Europe peut-elle connaître une telle vague de démissions ? La vigilance est de mise. Notamment parce que les motifs énoncés ci-dessus (quête de sens, qualité de vie au travail, santé mentale...) figurent parmi les causes expliquant en partie le manque de candidatures dans certains secteurs au sein de l’Hexagone. On pense notamment à la Santé, l’Hôtellerie-Restauration ou encore le Bâtiment. Et parce que les chiffres parlent d'eux-mêmes : à la fin du premier semestre 2021, la Dares enregistrait "un niveau élevé de démissions de CDI".

dares-demissions-cdi-mi-2021© Dares


Conséquences de la crise sanitaire, les entreprises ont pris conscience qu’il était essentiel d’améliorer la QVT, notamment le volet de la lutte contre les risques psycho-sociaux (RPS), la gestion des carrières et des mobilités ainsi que la formation. Elles doivent également remettre l'expérience candidat au coeur de leurs préoccupations, sans oublier de soigner le processus d'offboarding.

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