A quoi ressembleront les collaborateurs travaillant au bureau dans 20 ans ? Selon les chercheurs, Emma serait l'avenir : une employée aux yeux secs, chevilles enflées et dos rond. Une évolution due à la sédentarité au travail et aux longues heures passées devant les écrans que Charles Darwin lui-même n’aurait probablement pas imaginé. Et nous non plus. Mais force est de constater que le contexte actuel accélère l'adoption de nouvelles organisations du travail et avec elles, la nécessité de repenser les espaces de travail. Avec des collaborateurs tantôt à domicile, sur site ou en tiers lieu, il convient de proposer une expérience au service de la qualité de vie au travail, favorisant la collaboration et l'engagement. Alors, quel portrait-robot du travailleur de demain pouvons-nous dessiner ? Nous avons mené l’enquête pour faire la part entre les fantasmes et les réalités du future of work.

Le portrait-robot du collaborateur de demain

4e révolution industrielle et automatisation : le mythe de l'homme-machine

D'ici 2025, l'automatisation touchera 15 à 50 % des emplois entraînant de fait une évolution majeure du marché du travail (Rapport Forrester : L'avenir du marché européen de l'emploi). Si certains métiers disparaîtront, la fin annoncée des collaborateurs n’aura pas lieu pour autant.

Dans un communiqué de presse, le cabinet Deloitte indique que 70 % des 9 000 dirigeants et collaborateurs interrogés à travers 119 pays dans le cadre de la 10e édition de son étude sur les tendances RH, utilisent l’intelligence artificielle (IA) essentiellement pour aider leurs collaborateurs et (seulement) 17 % pour les remplacer. Ils cherchent à constituer des « super-équipes » qui allient, dans leur composition et fonctionnement, l’humain et la technologie. 

A noter qu’un an plus tôt, 83 % des dirigeants estimaient qu’ils n’étaient pas prêts à manager des équipes travaillant « main dans la main » avec des robots et d’autres formes d’intelligence artificielle.

Le collaborateur de demain : un éternel autodidacte ?

Pour faire face à ces changements, le rapport de l'OCDE souligne l’importance d’une formation de qualité permettant de développer des compétences qui répondent aux besoins du marché du travail. Avec une prépondérance pour les soft skills comme l’empathie, l’intelligence émotionnelle et l’esprit créatif.

D’après Deloitte, la prise de conscience est bien là : 53 % des collaborateurs interrogés estiment que la moitié - voire l’ensemble - de leur corps social aura besoin d’acquérir de nouveaux savoir-faire et compétences dans les trois prochaines années.

Pour autant, seuls 16 % pensent que leur organisation réalisera des investissements pour les accompagner dans cette transition. L’absence de visibilité vis-à-vis de ces bouleversements ou encore l'absence de systèmes permettant de gérer les compétences de manière efficace apparaissent comme les principaux freins.

Le collaborateur sera-t-il seul pour faire face à ces changements ? Assurément non. Si la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a pour objectif de rendre les collaborateurs maître de leur devenir professionnel, c’est-à-dire acteur de leur propre parcours, elle engage les entreprises à les accompagner avec notamment la mise en place d’un entretien professionnel obligatoire tous les deux ans. « Il faut investir dans vos salariés », martelait Murielle Pénicaud en 2018, alors ministre du Travail. Car l’objectif est de répondre au triptique reskilling (mise à niveau des compétences pour maintenir les collaborateurs à leur emploi), upskilling (leur permettre de monter en compétences et d'évoluer) et cross-skilling ou newskilling (étendre leurs connaissances pour favoriser la collaboration entre les services ou leur permettre de changer de métier).

Un travailleur à domicile...

Les entreprises européennes prévoient que dans trois ans, près d'un tiers de leur effectif (29 %) travaillera à distance, selon une étude menée auprès de 279 DRH par Willis Towers Watson, cabinet spécialisé dans le conseil en ressources humaines. L'enquête montre que, le télétravail, qui s’appliquait à seulement 6 % des collaborateurs en 2017, est considéré dorénavant comme un changement s’inscrivant dans la durée. Ainsi  d'ici 2030, le travail à distance sera la norme pour la plupart des cols blancs ; le travail dans un bureau d'entreprise sera ainsi l'exception.

Dans le même registre, le mode de vie des nomades du numérique influencera les cultures de travail traditionnelles.

... et nomade

📖 Voir Glossaire : Digital Nomads

Fin 2019, le spécialiste américain de l'impact des nouvelles technologies sur le monde des affaires Forrester recensait environ 5 millions de travailleurs "nomades numériques" dans le monde. Selon l'analyste, à l'ère post-Covid 19, les Millennials seront de plus en plus attirés par certains aspects de cette culture de travail. En effet, elle offre plus d'autonomie, de flexibilité et permet de travailler tout en voyageant. Les entreprises y trouveront aussi leur compte puisqu'elle leur offre l'opportunité de recruter des collaborateurs ne résidant pas forcément sur le même territoire.

Avec la croissance de l’économie collaborative, l'agilité est de mise pour comprendre et gérer tous les types de collaborateurs afin de leur offrir la meilleure expérience possible ... et répondre aux enjeux de compétitivité de l'entreprise. Les équipes RH doivent donc proposer des services adaptés à ces collaborateurs considérés aujourd’hui comme non traditionnels.

Freelances et professionnels indépendants ont le vent en poupe

900 000 freelances exercent en France, avec une croissance de 110 % sur les dix dernières années. Pour 54 % d’entre eux, il s’agit de leur activité principale, souligne La crème de la crème. Ils recherchent principalement davantage de flexibilité et la possibilité de travailler à distance.

Pour créer un marché de l'emploi dynamique, les gouvernements européens ont tout intérêt à trouver le juste équilibre entre la protection sociale pour chaque emploi et la liberté des individus. Se pose alors la question de savoir comment recruter, intégrer et gérer ces collaborateurs au sein de nos entreprises

"L’individualité peut devenir une force permettant de mettre en relation des compétences uniques et complémentaires afin d’atteindre un but commun ; pour cela, les organisations doivent donner du sens et ancrer ce dernier dans tous les aspects du travail, tous les jours. 93% des répondants estiment qu’un fort sentiment d’appartenance booste la performance et favorise l’atteinte d’objectifs communs", souligne Deloitte. Et d'avertir qu'il est désormais essentiel pour les organisation d'avoir une approche plus large de leur gestion des talents, au-delà des traditionnels contrats à durée déterminée et indéterminée.

D'ailleurs, 97 % des entreprises sondées déclarent avoir besoin de plus d’informations concernant leur capital humain, mais seulement 11 % sont capables de produire et récolter ces informations en temps réel.

Demain, sans horaires de bureau fixes

L'évolution des organisations et modes de travail impactent et impacteront la manière de travailler des collaborateurs. Ainsi, les heures de travail strictes devraient voler en éclat. Pourquoi ? Parce qu'elles restreignent l'épanouissement professionnel et personnel des collaborateurs et in fine mettent à mal la productivité. Nous devrions assister à la mise en place de modèles alors plus flexibles, mais également plus inclusifs. Et pour l'heure, 35 % des collaborateurs ont pris conscience que leur emploi n'avait pas de sens, 36 % ont perdu de la fierté à travailler pour leur entreprise quand 49 % restent dans leur entreprise faute de mieux...

Pour Deloitte, les organisations qui réussiront à intégrer le bien-être dans tous les aspects du travail, auront des collaborateurs plus performants. Du chemin reste à faire puisque 79% des répondants estiment que le bien-être n’est pas encore intégré dans le travail lui-même mais uniquement dans l’environnement de travail. 

Enfin et pour conclure, les entreprises doivent adopter une nouvelle approche de la gestion des talents centrée sur l'humain : sens, transparence, éthique, passion, collaboration, etc. Elles sont également invitées à prendre des mesures fortes en matière d'éthique : 85 % des répondants estiment que le futur du travail pose des défis éthiques, mais seulement 27 % estiment bénéficier de politiques claires au sein de leur organisation.

Face aux collaborateurs de demain, quelles seront les réponses apportées par la fonction RH ? Face à un environnement qui se transforme à toute allure, nous nous sommes demandé à quoi ressembleront les métiers RH dans 10 ans. Nous avons demandé aux premiers concernés d’envoyer leurs prédictions via notre capsule temporelle pour tester votre clairvoyance. Les paris sont ouverts !

La fonction RH est en charge de missions indispensables à la vie de l’entreprise. Malheureusement, ils sont freinés par des tâches manuelles qui les empêchent de se concentrer sur l’atteinte des objectifs. L’automatisation des processus et des tâches manuelles pourrait être l’ingrédient manquant qui permettrait aux équipes RH de trouver la recette du succès ! 

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