Le Future of Work se joue dès maintenant ! Samuel Durand, spécialiste de la transformation du travail, en est convaincu et réalise actuellement un documentaire dans lequel il analyse la quête de sens au travers des nouveaux modes de travail émergents. Entre deux tournages en Europe, il a accepté de se prêter au jeu de l’interview. L’occasion d’en savoir plus sur son projet, les experts qu’il a déjà rencontrés, mais aussi sa définition du Future of Work et des enjeux associés.

Samuel Durand, l'explorateur du Future of Work

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Samuel est le fondateur de Going Freelance : une learning expedition pour explorer le Future of Work. Il est l’auteur du rapport d’étude “L’exploration du travail de demain”. Avec le soutien de STree, Randstad, MAIF, Natixis, Comet et Little Big Connection, il réalise le documentaire Work in Progress sur le sens du travail au sein du Future of Work. Pour suivre les avancés de ce projet, dont la sortie est prévue cet hiver, rendez-vous sur les réseaux sociaux : LinkedIn, Twitter, Instagram ou encore YouTube.

 

Samuel Durand, qui êtes-vous ?  

Samuel Durand : Je m’appelle Sam, j’ai 24 ans, je viens de terminer mes études et je suis freelance depuis quatre ans. Je m’intéresse aux transformations du travail depuis quelques années. Il y a deux ans, j’ai initié une réflexion sur la transformation du travail en faisant une learning expedition, Going freelance, pour étudier la collaboration entre les entreprises et les travailleurs indépendants dans le monde, ainsi que la façon dont les entreprises arrivent à attirer les meilleurs talents indépendants.

La réflexion s’est élargie au Future of Work en général en abordant par exemple avec les entreprises rencontrées le télétravail, le full remote, les espaces de co-working, les collectifs... A mon retour, j’ai publié un rapport d’étude. J’ai diffusé ce que j’avais appris sous forme de conférences, d’écrits, de conseils… Et désormais, sous forme de documentaire. Si on devait résumer en une phrase, j’explore le Future of Work au travers des transformations du travail et je diffuse mes apprentissages sous différents formats.


Explorateur du Future of Work ! Est-ce que vous avez l’impression de créer un métier ? Ou que votre métier est représentatif des transformations du travail ?

S. D. : C’est totalement du Future of Work : je suis indépendant, mais bien entouré. Je travaille seul, mais aussi avec d’autres freelances et d’autres sociétés. Je suis en télétravail à temps plein, je fonctionne en mode projet et j’utilise tous les outils digitaux possible. Ma définition du Future of Work, c’est de dire qu’il y a des tendances, des outils, des processus, des modes de travail qui existent déjà. Ils sont le fait d’une minorité de personnes pour le moment et pourraient bien être la norme demain. Il y a dix ans, le télétravail concernait peu de collaborateurs, aujourd’hui, on voit bien qu’il se démocratise.

📖 Voir Glossaire : Future of Work


Le télétravail, une juxtaposition du travail en distanciel et en présentiel, apparaît comme le modèle de demain. Peut-on envisager d’aller plus loin dans la transformation et comment s’y prendre ?

S. D. : C’est clairement la partie émergée de l’iceberg. Il y a beaucoup plus derrière ce mode de travail. Lorsqu’on met en place le télétravail, il ne s’agit pas seulement de savoir où le collaborateur va réaliser ses missions. Ça impose de repenser toute l’organisation du travail. Lorsque tout le monde est à distance, il faut une culture de l’écrit qui soit plus forte que celle de l’oral. S’il y a des bureaux, il ne faut pas que des collaborateurs non présents physiquement, manquent des informations. Il faut qu’elles circulent quoi qu’il arrive. Cela suppose d’adapter les fonctionnements de l’entreprise, mais aussi le management parce qu’il y a des méthodes en présentiel qu’on ne peut pas répliquer en distanciel. Il y a toute une réflexion à mener sur les lieux de travail. Pourquoi se rendre dans un bureau ? Est-ce uniquement pour produire ou est-ce que c’est pour les interactions, booster la créativité ? Cela va dépendre des profils, des métiers. En tout cas, cela demande à être repensé.


Lorsqu’on parle de l’avenir du travail et de ses bienfaits, on a le sentiment que cela concerne avant tout les cols blancs, des collaborateurs privilégiés. Y a-t-il des oubliés du Future of Work ?
 

S. D. : Tous les métiers ne sont pas impactés de la même façon. Mais, le Future of Work, ce n’est pas que le télétravail, c’est aussi une nouvelle façon de manager, de faire confiance à ses équipes, d’accompagner l’apprentissage, d’accompagner les compétences, de s’approprier les innovations technologiques…


Comment s’adapter à ces transformations du travail ? Quelles sont les clés ?

S. D. : Il n’y a pas de façon de s’y préparer : il faut le vivre. Face à un nouvel outil, certains vont se demander comment ils peuvent l’utiliser, puis l’adopter facilement, quand d’autres voient surtout qu’ils vont devoir changer leurs habitudes. La meilleure compétence à développer, c’est apprendre à apprendre, avoir la curiosité de se développer.


Revenons sur votre documentaire. Quel est son objectif ?

S. D. : Le but du documentaire est surtout d’éveiller les gens à de nouvelles manières de voir les choses et en l’occurrence le travail. Il faut se poser des questions, s’ouvrir à ce qui se fait ailleurs. Je ne dis pas qu’il faut absolument que demain, nous soyons tous freelance ou en full remote, mais que chacun trouve des pistes pour donner du sens à ce qu’il fait.


Vous enchaînez actuellement les tournages en Europe. Le premier portrait est consacré à Laëtitia Vitaud, auteure et conférencière. Sans tout dévoiler de vos échanges, pouvez-vous nous dire sur quels aspects du Future of Work vous a-t-elle éclairé ?

S. D. : J’ai rencontré Laëtitia il y a un an, dans le cadre de Going Freelance. Nous sommes restés en contact, avons échangé, animé une conférence ensemble. C’était évident que j’allais lui demander de participer à ce documentaire. Elle retrace l’historique de l’évolution du travail. Pourquoi le Future of Work est plus présent que jamais ? Quelle a été la transformation du travail au cours du dernier siècle ? Elle introduit le documentaire et pose le cadre.

 

Le deuxième portrait est celui de Louise Racine, co-fondatrice de Lookoom, un collectif de freelances. Est-ce que vous vous êtes retrouvé dans ses propos en tant qu’indépendant ? Et partagez-vous sa vision du Future of Work ?

S. D. : J’ai d’abord écrit le scénario, puis j’ai cherché les personnalités les plus à même de répondre aux problématiques. Le profil de Louise Racine tombait sous le sens : elle avait été salariée pendant dix ans avant de devenir indépendante et de co-fonder son collectif d’une dizaine de personnes avec un réseau composé d’une centaine de contacts. Je me suis reconnu dans sa réflexion en tant que freelance : je gère mon temps de travail comme bon me semble. Je peux décider de faire une journée de 4 heures, de travailler le week-end ou d’être en repos en semaine. Dans le documentaire, Louise Racine revendique de créer un travail qui s’adapte à sa vie et non l’inverse.


Vous vous êtes beaucoup attaché à identifier les opportunités de la transformation du travail. Mais qu’en est-il des risques potentiels ?

S. D. : Je me suis moins penché sur les risques. Des côtés négatifs, il y en a, c’est certain. L’intelligence artificielle (IA) crée de l’inquiétude, à raison si elle n’est pas bien maîtrisée ou intégrée. Le tout-télétravail également peut causer des problèmes de désengagement. Il y a aussi pas mal de désillusion face au freelancing parce qu’il y a beaucoup de dimensions à prendre en compte lorsqu’on se lance. On réalise que la frontière entre vie privée et professionnelle est de plus en plus poreuse. Nous ne sommes pas tous égaux face aux conditions de travail. Et pendant la pandémie, on a réalisé que les femmes étaient lourdement impactées : tâches ménagères, gestion des enfants et gestion de leur activité professionnelle. C’était difficile de tout mener de front en même temps. Dire qu’on peut travailler de n’importe où est une dérive potentielle. Il faut donc montrer les bonnes pratiques. C’est pour ça que je suis parti à la découverte de ce qui existe déjà et qui fonctionne pour nous en inspirer plutôt que de partir de zéro et faire n’importe quoi.

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