Découvrez l'histoire d'Abdou, un jeune diplômé de 40 ans qui a repris ses études dans la trentaine. Au travers de cette interview vous en apprendrez plus sur les raisons de ce choix, son adaptation sur les bancs de l'école mais aussi les obstacles qu'il a rencontrés lors de ses recherches de contrats d'alternance et sa première embauche en tant que jeune diplômé.

Abdou, 40 ans, jeune diplômé

📖 Voir Glossaire : Expérience collaborateur

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Abdou : J’ai arrêté mes études après avoir obtenu mon Bac parce que j’avais envie de travailler, de gagner ma vie et d'être indépendant. Vers 18 ans, passionné par le cinéma et le théâtre, je suis devenu intermittent du spectacle. En parallèle, pour arrondir les fins de mois, j’occupais des postes de vendeurs. L’âge avançant, cette instabilité ne me convenait plus et je me suis interrogé sur les suites à donner à ma carrière. J’ai décidé de m’investir davantage dans le domaine de la vente, mais avec une approche B2B.

J’ai rencontré des ingénieurs en affaires, des commerciaux, ce qui a confirmé mon envie d’aller dans cette voie. Et j’ai repris mes études en 2013 en commençant avec un BTS Négociation et Relation Client, que j’ai suivi en alternance, avec pour objectif d’aller jusqu’au Master 2.

Décrocher une alternance après 30 ans n’a pas été évident, il a fallu convaincre. Je n’y suis d’ailleurs pas parvenu pour mon Bachelor E‐commerce et ingénierie commerciale. Par la suite, j’ai réussi à avoir un contrat et à valider mon Master 2 ingénierie d’affaires ventes complexes, dans une école spécialisée en informatique et en vente. Après un premier emploi dans un cabinet de conseils, j’ai rejoint UKG. 

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur les obstacles rencontrés ?

Lors de ma reprise des études, dans une école privée à Paris, j’ai rencontré le responsable pédagogique. Je lui ai parlé de mon projet, il m’a dit : « Vous avez plus de 30 ans, je ne donne pas cher de votre peau, vous n’allez pas durer. D’autres ont essayé et étaient motivés, mais ils ont craqué au bout de deux mois. » Ça a été mon premier challenge. Je lui ai serré la main et lui ai dit : « Eh bien, on verra ! »

Il m’a également fallu pas mal de persévérance, notamment lorsque je postulais auprès des entreprises. Je n'indiquais pas mon âge sur mon CV et c’est donc son contenu qui m’a permis de décrocher des entretiens. Mais lors des rencontres, il y avait un moment de flottement. Le recruteur pensait que j’étais plus jeune ou il me faisait comprendre que ce serait probablement plus compliqué de manager quelqu’un avec mon expérience. Je ne me rendais compte que mon futur manager n’avait probablement pas plus de 25 ans. Il y avait une appréhension de la part de l’employeur. J’ai dû convaincre qu’avoir plus de 30 ans était un avantage et non un frein.

Comment se déroulaient tes recherches en alternance et pour ton premier emploi ?

Je postulais à des postes débutants ou jeune diplômé, parce que c’était le cas. Je ne mettais pas l’âge et je ne mettais pas toutes mes expériences non plus, sinon ça tiendrait sur deux ou trois pages. J’ai mis les expériences les plus pertinentes et en relation avec le poste, le secteur etc. Je remarquais tout de suite une réaction : « Ah mais… mais… on ne s’y attendait pas ». Et les réponses étaient parfois surprenantes : « Finalement, on voulait quelqu’un de plus expérimenté ». Les recruteurs ne savaient pas trop comment le formuler mais ils faisaient comprendre qu'ils recherchaient quelqu’un qui sort de l’école et qui n’a pas d’expérience. Parfois on ne me répondait pas malgré les relances.

Qu’est‐ce que tu dirais à quelqu’un qui, comme toi à 30 ans, s’est arrêté au BAC et veut reprendre ses études ? Quels conseils lui donnerais-tu par rapport à ton expérience vécue ?

Je lui dirais de bien prendre le temps de réfléchir à ce projet, ne pas se lancer tête baissée parce que ce n’est pas simple de reprendre les études après les avoir quittées pendant quelque temps. Si ce n’est pas réfléchi, et qu’on n’est pas sûr de ce qu’on veut faire, au premier obstacle on aura tendance à douter voire à abandonner. Il n’y a pas d’âge pour retourner à l’école et pour apprendre. On peut être traversé de doutes. J’en ai passé des nuits blanches à me demander pourquoi je m’étais lancé ? Quelles étaient mes motivations ? Cela nous pousse à continuer. Il faut de la résilience. Car finalement, cinq ans d’études sur toute une vie, ce n’est rien et ça passe vite ! Pour que tout se passe au mieux, la préparation est très importante. Je citerais Abraham Lincoln « Que l'on me donne six heures pour couper un arbre, j'en passerai quatre à préparer ma hache. »

Aujourd’hui, les enquêtes sont unanimes : dans le futur, nous allons nous former en continu, exercer plusieurs métiers… As‐tu quelque part un peu l’impression d’ouvrir la voie ? D’être certes aujourd’hui atypique, mais la norme de demain ?

En 2013, beaucoup de gens ne comprenaient pas ma démarche. J’avais l’impression que les recruteurs se disaient que j’étais un candidat perdu qui ne savait pas trop ce qu’il voulait faire. Je pense qu'ils ne sont pas encore tous prêts à accepter le fait qu’on peut aimer un métier, y prendre du plaisir et puis, demain, vouloir faire autre chose. Mais les choses évoluent, notamment avec les Millenials qui restent souvent 2‐3 ans dans une boîte et ensuite partent pour faire autre chose. Et je le vois de plus en plus aujourd’hui dans mes relations, des personnes qui sont par exemple chefs de projet marketing, et qui demain passent un CAP pâtisserie pour ouvrir une boulangerie.

Merci Abdou.

Dans quelques années, nous ne parlerons sûrement plus de "profils atypiques", car les générations futures auront des carrières professionnelles toujours plus différentes et éclatées, qu'on ne mettra plus l'accent sur la non-conformité de leur parcours professionnel.

 

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