La Responsabilité sociétale ou sociale des entreprises (RSE) fait partie des trois grandes tendances RH 2021, aux côtés de la synergie vie professionnelle/ vie personnelle et l’apparition de nouveaux rôles pour la fonction RH.

Mais qu’est-ce que la RSE ? Selon la Commission européenne, il s’agit d’« un concept qui désigne l’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes ». Aussi, la performance d’une entreprise ne peut plus être uniquement abordée sous le prisme économique.

Il convient alors de mesurer non seulement son impact environnemental, mais aussi de garantir de bonnes conditions de travail, favoriser la diversité et l’inclusion, développer l’emploi local, lutter contre la corruption mais aussi améliorer la qualité du dialogue social. Et de faire preuve de transparence et de conviction… La direction doit prendre à cœur le sujet de la RSE et le faire sien. La fonction RH, quant à elle, joue un rôle central pour la mise en œuvre d’une démarche RSE et pour en informer tous les acteurs de l’organisation.

 

RSE : cadre législatif, stratégie et conviction

Si son caractère majeur et stratégique apparaît aujourd’hui comme une évidence, la RSE a mis du temps à s’imposer. Revenons vingt ans en arrière. On se souvient qu’en 2001, la loi relative aux Nouvelles Régulations Économiques (NRE) prévoyait déjà que les entreprises cotées en bourse inscrivent désormais des informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités dans leur rapport annuel.

Plus récemment, en 2019, le Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises (loi PACTE) est venue renforcer la RSE avec l’intégration des enjeux sociaux et environnementaux dans la raison sociale des organisations, la possibilité pour les entreprises de se doter d’une raison d’être dans leurs statuts et la création du statut d’entreprise à mission.

Au-delà du cadre législatif, une démarche de RSE se révèle essentiel pour les entreprises, car elle répond notamment à des enjeux d’attraction et de fidélisation des talents. D’après la 8e étude Deloitte Millennials Survey, les jeunes générations (Y et Z) aspirent à une entreprise plus sociétale, c’est-à-dire, responsable, exemplaire et citoyenne. Ils souhaitent rejoindre des entreprises qui répondent à leur quête de sens au travail. Plus largement, selon une enquête WeSpire, 86 % des collaborateurs – qui sont rappelons-le également des citoyens et des consommateurs – disent préférer travailler dans une entreprise ayant un impact positif dans le monde.

Comment la RSE participe-t-elle à transformer les organisations ? Comment s’y prendre pour changer concrètement la donne ? Six influenceurs RH (Luc Bretones, organisateur du NextGen Enterprise Summit, Samuel Durand, producteur du documentaire WorkInProgress, Sabine Kluge, Top Voice LinkedIN, mais aussi Tom Haak, directeur du HR Trend Institute, Barry Flack, expert des technologies des ressources humaines, ainsi que Perry Timms, auteur de Transformational HR et The Energized Workplace) partagent leurs visions et analyses dans Let’s Talk HR!, le podcast qui revient sur les enjeux des RH de demain.

 

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Data et RSE : mesurer, analyser et agir

90 % des entreprises de 500 collaborateurs et plus ont le sentiment de mener des actions de RSE, selon le rapport de France Stratégie, RSE et performance globale : mesures et évaluations (novembre 2019). L’étude souligne que les entreprises jugent complexe de mesurer la RSE. En effet, quels indicateurs de performances (KPI) suivre ? Comment évaluer ses efforts ? Et quelles actions correctrices mettre en place ?

Comme dans de nombreux projets, au commencement, il y a la Data. C’est grâce à la donnée qu’il est possible de cartographier l’existant, de déterminer les leviers actionnables ou encore de vérifier la cohérence des actions. C’est également en s’appuyant sur des indicateurs clés qu’il est possible d’analyser avec pertinence l’état de l’organisation et d’établir un plan d’action.

« Afin de répondre aux exigences réglementaires, les entreprises peuvent s’appuyer sur des normes volontaires, généralistes ou thématiques, élaborées par des organismes publics nationaux ou internationaux », explique France Stratégie. Et de préciser : « Les normes sont des référentiels précisant les caractéristiques à exiger d’un produit, d’un service ou d’une organisation ». Il peut s’agir des normes Afnor par exemple, mais également des labels comme les certifications Egalité professionnelle, Diversité, Relations fournisseurs et achats responsables, Handicap… A noter que l’ANDRH propose également la mise en place d’un Index Senior. A l’ère de l’entreprise intergénérationnelle, il s’agirait alors d’« un instrument intéressant afin de changer le regard sur les seniors dans l’entreprise à travers des indicateurs objectifs et partagés ».

Mesurer apparaît donc comme une étape logique. Pourtant, selon l’AmCham, seules 37 % des entreprises réalisent un diagnostic d’impact de leur politique diversité par exemple. Développer une culture de la donnée devient essentiel.

 

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RSE : la communication RH, facteur de réussite

Il convient également de repenser la collaboration et la communication employeur-collaborateur. Et pour cause, si des entreprises partagent leurs données brutes sur une page dédiée de leur site Internet, les collaborateurs et l’ensemble de l’écosystème sont-ils au courant pour autant des actions mises en place ?

Car « si la RSE reste spécifique, fantôme, nous sommes à côté de la plaque, explique Luc Bretones. La RSE est efficace si toute l’entreprise met en œuvre cette politique, que tout l’écosystème en est informé et qu’il y contribue. Sinon, cela reste de la communication [corporate]. Et plus personne n’en veut. »

« Les salariés, comme les autres acteurs de l’entreprise, sont de plus en plus demandeurs d’informations sur l’entreprise, sa gestion et ses engagements en matière de RSE », rapporte France Stratégie. Pour répondre à cette aspiration, la fonction RH peut renouveler son offre de services en proposant un portail en self-service et une base de connaissances qui permettent aux collaborateurs de trouver par eux-mêmes les informations qu’ils recherchent.

Les professionnels RH, quant à eux, peuvent également pousser du contenu spécifique et démontrer que les discours et les actes de l’entreprise sont alignés. Un élément d’autant plus important qu’à l’heure de la transformation digitale, les collaborateurs s’expriment sur leurs conditions de travail et la qualité de vie sur des plateformes de notation.

Et par collaborateur, on entend aussi bien les salariés en contrat court ou à durée indéterminée que les travailleurs indépendants, Gig workers, intérimaires… En matière de RSE, il convient réellement de s’adresser à tous.

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